Communication Facilitée (CF) – Foire aux questions

Cette « foire aux questions » rassemble les échanges qui nous paraissent utiles à tous. Les questions plus personnelles sont traitées de manière confidentielle. Vous pouvez nous poser vos questions, répondre à une question déjà traitée, donner votre avis, … en nous adressant un message.


Le site de CFTMPP’ recense également bon nombre de questions-réponses.

 

La CF en pratique

  • Qu'est-ce qu'un facilité et un facilitant ?

    Qu’est qu’un facilité ?

    Un facilité est une personne, le plus souvent en situation de handicap et de grave difficulté à s’exprimer verbalement, qui lors d’une séance de facilitation peut, grâce au geste de facilitation effectué par le facilitant, désigner des objets, images, photos ou mots écrits (CF), ou pointer et frapper les lettres d’un clavier de papier ou d’ordinateur (Psychophanie), lui permettant d’exprimer ses choix, souhaits, sentiments, messages.

    Qu’est-ce qu’un facilitant ?

    Un facilitant est une aidant, formé à la CF/Psychophanie, qui propose à une personne en situation de handicap et de grave difficulté à s’exprimer verbalement son soutien par le geste de facilitation, par lequel le facilité pourra désigner des objets, images, photos ou mots écrits (CF), ou pointer et frapper les lettres d’un clavier de papier ou d’ordinateur (Psychophanie), lui permettant d’exprimer ses choix, souhaits, sentiments, messages.

  • Comment se déroule techniquement une séance de facilitation ?

    Comment se déroule techniquement une séance de facilitation ?

    Lors d’une séance de facilitation, le facilité est installé à côté du facilitant, qui lui soutient légèrement la main ou le poignet, sans le guider : c’est le facilité qui donne l’impulsion pour désigner des objets, images, photos, mots écrits, ou pour taper lettre après lettre sur un clavier de papier ou d’ordinateur, aboutissant à un texte écrit que le facilitant lit à haute voix.

  • Qui s'exprime en facilitation ?

    Qui s’exprime en facilitation ?

    Un des aspects les plus déroutants et inexplicables de la pratique de la CF/Psychophanie est de constater, à travers des validations entre autres (voir validation), que c’est bien la personne facilitée qui s’exprime : même si, comme dans toute relation interpersonnelle, ses productions peuvent varier en partie en fonction des intérêts personnels du facilitant, au fil des séances de facilitation effectuées avec le soutien de différents facilitants, la personne facilitée exprime et laisse au final apparaître ses choix, questionnements, pensées, aspirations profondes, ses ressentis et espoirs, et donc indubitablement sa propre personnalité.

  • Qu'est-ce qu'une validation ?

    Qu’est-ce qu’une validation ?

    Une validation est une réponse/un message exprimé par le facilité en facilitation et dont le contenu était totalement inconnu du facilitant, ce qui prouve que c’est bien le facilité qui est à l’origine du message.

  • Quelles différences y a-t-il entre CF et Psychophanie ?

    Quelles différences y a-t-il entre CF et Psychophanie ?

    La CF a au départ été mise au point comme outil d’apprentissage (voir historique), visant à davantage d’autonomie en améliorant la coordination œil-main essentiellement pour des personnes en situation de handicap mental. Il est demandé à la personne aidée de regarder les objets, images, photos, tableau de pictogrammes, et de désigner, en soutien par le geste de facilitation, leurs choix et souhaits afin d’améliorer leur participation active à leur quotidien. Utilisé comme moyen de communication sans visée d’apprentissage, la CF est très aidante pour améliorer le quotidien des personnes qui en font usage.

    La Psychophanie (voir historique) est proposée comme moyen alternatif de communication à toute personne en grave difficulté d’expression verbale (du fait d’un handicap ou d’une maladie invalidante), ainsi que dans un cadre thérapeutique afin de faire émerger des sentiments qui ne pourraient que difficilement émerger par un autre moyen. La personne aidée est installée à côté du facilitant, qui lui soutient la main ou le poignet sans le guider; c’est la personne facilitée qui donne l’impulsion pour taper sur les lettres d’un clavier de papier ou d’ordinateur, sans le regarder; de cette frappe émanent des messages et textes permettant au facilité de faire émerger des messages, sentiments – révélant leur personnalité profonde.

    Les textes tapés en Psychophanie ont-ils des particularités ?

    En CF, ce qui s’exprime touche le plus souvent au domaine du quotidien des personnes facilitées.

    En Psychophanie, les sujets abordés sont liés à l’histoire personnelle du facilité ou de sa famille, et sont d’ordre émotionnel, affectif ou existentiel. Une des particularités des textes tapés en Psychophanie par les personnes facilitées est que ceux-ci utilisent souvent un vocabulaire métaphorique (par ex. « La danse des mots sur ta machine me délivre du malheur », ou « Vous gravez ma vie de l’âme, on entend ma voix de vie à travers la machine »). Il apparaît que ce vocabulaire diffère selon le facilitant et le facilité, en fonction de leurs personnalités et centres d’intérêt respectifs et du partenariat relationnel qui s’instaure entre eux. Une autre des particularités est que le facilité peine à répondre précisément à des questions pratiques (prénoms de son entourage, ou indiquer ce qu’il mangé la veille, par ex). L’hypothèse est qu’en facilitation c’est une partie davantage liée à l’inconscient du facilité qui s’exprime.

  • Qui peut bénéficier de la CF/Psychophanie ?

    Qui peut bénéficier de la CF/Psychophanie ?

    Les principaux bénéficiaires de la CF/Psychophanie sont les personnes en situation de grave handicap, qu’il soit inné (divers handicaps mentaux, autisme, polyhandicap, sourds-aveugles, etc.) ou acquis (aphasie, dysphasie, coma, maladie d’Alzheimer, etc.), et donc en grande difficulté à s’exprimer verbalement. La pratique de la CF/Psychophanie leur est d’une aide inestimable, leur permettant de sortir de leur silence et d’exprimer soit des choix par la désignation d’objets, images, photos, mots écrits, soit d’exprimer leur vécu, leur sentiments intérieurs, les messages qui leur tiennent à cœur.

  • Quels bénéfices les personnes facilitées retirent-elles de ces approches ?

    Quels bénéfices les personnes facilitées retirent-elles de ces approches ?

    Pouvant enfin accéder par la CF à un moyen de communication, les personnes facilitées en situation de grave handicap de parole ressentent un immense soulagement à pouvoir enfin faire connaître leurs choix, souhaits, difficultés; cela améliore de façon inestimable leur participation à leur quotidien, et donc leur confort de vie et celui de leur entourage.

    En Psychophanie les personnes facilitées peuvent exprimer leurs sentiments, émotions, leur vécu, ce qui comme chez tout un chacun allège la charge émotionnelle enfouie.

    Dans les deux cas, cela améliore considérablement le regard que l’entourage porte sur la personne facilitée, porteuse de handicap ou pas.
    La CF/Psychophanie guérit-elle ?

    La CF/Psychophanie ne prétend absolument pas guérir un handicap quel qu’il soit. Sa pratique en tant que moyen alternatif de communication vise à permettre à des personnes en grave difficulté d’expression verbale à pouvoir faire connaître des choix, sentiments, messages dont elles ne pourraient faire part autrement : cela n’a pas d’autre but que d’améliorer considérablement leur confort de vie et celui de leur entourage.

  • Cette approche pourrait-elle favoriser les apprentissages ?

    Cette approche pourrait-elle favoriser les apprentissages ?

    Bien que la CF soit avant tout un moyen augmentatif de communication, elle peut, selon nos expériences, favoriser les apprentissages et le développement. Le soutien de la main se révèle être aussi un soutien de l’attention et du geste volontaire. Si le facilitant demande au facilité de bien regarder le clavier et qu’il oriente sa séance vers l’apprentissage de l’écrit plus conscient, il peut progressivement voir des progrès : par exemple, le soutien du poignet, puis du coude et enfin de l’épaule deviennent suffisants. Chez plusieurs personnes mutiques, l’appétence pour le langage oral s’est développée.

  • Y a-t-il correspondance entre ce qui est écrit et ce qui est vécu dans la vie quotidienne ?

    Y a-t-il correspondance entre ce qui est écrit et ce qui est vécu dans la vie quotidienne ?

    Comme cela a été dit à maintes reprises, la CF ne guérit pas la personne autiste ou porteuse d’un handicap. A la lecture des livres mentionnés dans la bibliographie, chacun pourra se rendre compte que parfois la personne est bien consciente, au travers de ses écrits, des comportements négatifs qu’elle produit tout en étant incapable de les inhiber dans sa vie pratique. Heureusement, on voit aussi des résolutions de problèmes qui débouchent sur une amélioration notoire. D’autre part, on constate souvent une adéquation entre la mimique de la personne facilitée et le message qui est en train de s’écrire.

  • A qui appartiennent les textes écrits ?

    A qui appartiennent les textes écrits ?

    Les textes appartiennent en premier lieu à la personne qui les émet et non à son entourage. Le facilité peut donc décider s’il veut garder pour lui telle ou telle partie de ses écrits et à qui il destine telle autre partie. Il appartient évidemment au facilitant de l’encourager à la bonne utilisation de ses écrits. Par contre, si plusieurs personnes ont participé à la discussion, le résultat de l’écrit est commun et engage chacun des interlocuteurs.
    Que fait-on des textes exprimés en CF/Psychophanie?

    La pratique de la CF/Psychophanie aboutit à la production de textes, résultat du partenariat en facilitation entre facilitant et facilité. Ces textes peuvent avoir un caractère métaphorique, voire cru ou fantaisiste, ou peuvent contenir des passages relevant de la sphère intime du facilité. A la fin de la séance, il incombe au facilitant de convenir avec la personne facilitée du devenir de ces textes et de leur interprétation : rester dans l’intimité de la relation facilitant/facilité, ou être diffusé (entièrement ou partiellement) auprès de l’entourage : le facilitant doit être à même de gérer cet aspect, et en être garant – ce qu’il apprend à faire lors de sa formation dans une école reconnue par CFTMPP’ (voir formation).

  • Pourquoi la CF/Psychophanie suscite-t-elle autant de controverses ?

    Pourquoi la CF/Psychophanie suscite-t-elle autant de controverse ? 

    La pratique de la CF/Psychophanie suscite beaucoup de controverses : on lui reproche de relever du charlatanisme, voire d’une secte. Il n’en est bien évidemment rien. Mais comme exposé au chapitre des hypothèses de compréhension (voir hypothèses de compréhension), sa pratique extrêmement simple, mais à laquelle on ne peut à l’heure actuelle donner d’explication scientifique rationnelle quant à son fonctionnement, suscite la méfiance, voire le rejet.

    Rappelons que la CF/Psychophanie a d’abord été mise au point comme outil d’aide pour les personnes en situation de handicap mental. A l’heure actuelle ce moyen de communication alternatif peut également être proposé à toute personne en grave difficulté d’expression verbale, telles que aphasiques, dysphasiques, comateuses, malades d’Alzheimer, etc. On peut s’étonner de l’aide singulière que ces approches inexpliquées à ce jour apportent à ces personnes, mais cela peut se concevoir dans la mesure où autrefois celles-ci avaient une personnalité normalement intelligente, qui ainsi pourrait ré-émerger. Il en va de même de personnes sans difficulté d’expression verbale, qui ont recours à la Psychophanie dans un cadre thérapeutique – et peuvent ainsi faire émerger des aspects cachés de leur personnalité.

    Dans le cas d’un handicap mental en revanche :

    • si on reconnaît bien à une partie de la population souffrant d’autisme un fort potentiel intellectuel (autisme de « haut niveau »), et que dès lors on pourrait admettre que ces personnes aient une capacité cachée à exprimer des messages, mise au jour par la CF/Psychophanie,
    • il en va tout autrement pour le reste de la population mentalement handicapée, depuis toujours considérée en fonction de son comportement fortement entravé et perturbé, corporellement et psychiquement. La mise en évidence que ces personnes (IMC, polyhandicapées, sourdes-aveugles, etc.) – si fortement altérées dans leur physionomie et corporalité qu’on les a jusqu’ici taxées de « débiles profonds » et considérées et traitées comme des « légumes » sans avenir de développement -, ont une personnalité profonde, un esprit « intacts », qu’elles peuvent providentiellement ainsi mettre à jour, est irrecevable pour beaucoup : comment une intelligence pourrait-elle se faire jour dans un tel tableau d’apparente incapacité mentale ?

    Or la pratique de la CF/Psychophanie, même si elle reste à ce jour inexpliquée dans son fonctionnement, permet d’affirmer que le handicap quel qu’il soit est avant tout une barrière physique : il constitue une limitation dans l’utilisation des capacités physiques et intellectuelles, mais n’a pas d’incidence sur la nature de tout un chacun qu’on pourrait nommer « spirituelle » – ce qui constitue une révolution en soi !

    Une des raisons des controverses et réticences à accepter la CF/Psychophanie serait donc bien liée à la représentation qu’on a eue jusqu’à ce jour du handicap mental – et en conséquence la remise en question radicale de la pédagogie appliquée à cette population n’est pas le moindre des défis que pose la pratique de la CF/Psychophanie.

    Espérons que peu à peu – et grâce notamment à la pratique de la CF/Psychophanie – le regard porté sur les populations en situation de handicap mental évolue, et permette enfin de leur reconnaître une part d’humanité égale à celle de tout un chacun. On peut y croire en se rappelant qu’au début du siècle passé, les sourds profonds – et donc sans parole – étaient eux aussi taxés de débiles profonds : aujourd’hui fort heureusement il n’en est plus rien !


Financement

 


Les facilitants

  • Qui peut pratiquer la facilitation ?

    Qui peut pratiquer la facilitation ?

    Toute personne ayant des notions ou une formation en relation d’aide, et qui a suivi le cursus de formation établi par CFTMPP’ (Confédération Francophone Ta Main Pour Parler’) (voir formation). Le facilitant doit signer la Charte (voir Charte), et s’engage à garantir aux personnes facilitées qu’il reçoit un cadre relationnel propice à un état de confiance, un partenariat respectueux empreint de discrétion. Une liste des facilitants à disposition est proposée et tenue à jour par CF-Romandie (voir liste facilitants).

  • En tant que parent avec mon enfant ou en tant qu'éducateur avec la personne dont je m'occupe quotidiennement, est-il possible de faire de la CF, moyennant la formation correspondante ?
    Oui, pour les choix et les évènements de la vie quotidienne. Dès que le message touche les sentiments profonds ou les pensées intimes de la personne, il est impératif que l’interlocuteur n’ait ni attente contraignante, ni jugement bloquant le dialogue. Cela n’est pas toujours facile lorsqu’on est parent ou que l’on a une tâche éducative à assumer. Faire appel à une personne extérieure qui peut devenir un confident s’avère alors une bonne solution
  • Comment peut-on trouver un praticien qui facilite en CF en Suisse romande ?
    Vous trouverez une liste de certains facilitants ici. Il existe évidemment d’autres personnes qui facilitent. Si vous ne trouvez pas la personne qui vous convient, vous pouvez nous adresser une demande et nous ferons notre possible pour vous aider.