Pour éviter l’exploitation abusive des propos tapés par les patients pratiquant la communication facilitée et/ou la psychophanie, le facilitant s’engage à respecter un certain nombre de règles.
Le facilitant ne peut prendre en charge la responsabilité d’un patient que s’il a effectué le CF3 et qu’il est supervisé.
Il recevra le titre de praticien en communication facilitée et/ou en psychophanie lorsque sa formation aura été validéepar le jury. Celui-ci peut être amené à limiter le champ d’activité du praticien qui s’engage alors à le respecter.
Les parents qui souhaitent apprendre à communiquer avec leur enfant privé de parole, ainsi que les professionnels qui accompagnent au quotidien les personnes handicapées, doivent suivre le CF1, le CF2 et une formation pratique. Ils s’engagent à ne pas pratiquer la psychophanie avec d’autres sans avoir suivi le cursus professionnel complet avec toutes les exigences que cela implique.
Les formateurs font partie du groupe pilote de recherche et s'engagent à en respecter les décisions.
Le facilitant ne pratique la communication facilitée et la psychophanie qu’à la demande du patient, de sa famille ou de l’équipe soignante. L’exercice de la psychophanie se fait dans l’intention d’apporter un mieux-être au patient et non dans un esprit de curiosité.
Le facilitant ne pratique pas la frappe hors de la présence de la personne.
Il ne modifie pas ses propos.
Il ne cherche en aucun cas à influencer la communication en induisant certaines réponses.
Il n’est ni membre ni sympathisant d’un mouvement ayant des pratiques sectaires.
Si le patient tape des données personnelles, le facilitant lui demande s’il est d’accord pour qu’il en parle à d’autres. Selon le désir exprimé par le patient, il conserve ses productions écrites, les remet à ses parents ou encore à d’autres professionnels qui s’occupent de lui.
En institution, les parents doivent être informés que leur enfant fait de la CF, à partir du moment où il fait des phrases en tapant sur un clavier.
Lorsque les écrits d’un patient sont évoqués au cours d’une réunion de synthèse, les membres de l’équipe sont tenus au secret professionnel. Les productions écrites ne doivent en aucun cas être à la disposition de tout le monde dans les dossiers.
Le facilitant demeure responsable de la diffusion des écrits.
Le facilitant n’impose pas son interprétation ni ses croyances, il accepte celles de son patient. Si les propos ne sont pas clairs, il lui demande des explications, ou lui fait préciser la valeur symbolique qu’il attribue à telle ou telle métaphore.
Un texte écrit en psychophanie n’a pas force de vérité historique ni valeur de témoignage. La psychophanie permet d’accéder à un registre émotionnel et non informatif. Il est difficile en psychophanie d’émettre une idée intentionnelle et le patient peut donner des informations fausses ou excessives, surtout en réponse à des questions.
Il faut également tenir compte de la part de projection inconsciente qui peut exister de la part du facilitant et de la difficulté de faire parfois la part entre le fantasme et la réalité. Le facilitant ne doit donc pas se baser sur les productions écrites pour mettre en cause qui que ce soit.
Si le patient porte une accusation grave contre quelqu’un ou qu’une décision importante engageant son avenir doit être prise, le facilitant doit faire intervenir d’autres facilitants expérimentés, sans toutefois les avertir de la situation pour éviter de les influencer.
La relation qui s’instaure entre le patient et son facilitant est souvent très forte, entraînant quelquefois un état de dépendance. Le facilitant ne doit se sentir ni indispensable ni irremplaçable, il doit lutter contre un attachement trop exclusif, voire possessif.
Le facilitant ne reste jamais avec un sentiment de malaise et en réfère à un professionnel qualifié si le patient a tapé quelque chose qui le bouleverse ou s’il ne sait pas quelle décision prendre. Il accepte l’arbitrage du comité d’éthique de la communication facilitée et de la psychophanie en cas de litige.
EPICEA octobre 2003
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