Eclairages

L'intégrité de chaque être humain
Tout être humain possède une dimension intérieure inaltérée de son être.
Cette reconnaissance de chacun comme un être intègre, quels que soient son âge et son degré de compréhension apparente, nous relie tous à une même identité d’êtres humains ; cela favorise un échange fait de compréhension et d’enrichissement mutuels.
L'existence d'un savoir universel
Nous sommes tous reliés à une source de sagesse et de savoir dans laquelle nous pouvons puiser pour baser et orienter notre vie, cela sans discrimination entre ceux que l’on nomme bien portants et les personnes souffrant de handicap.
Ce savoir peut être atteint par de multiples voies qui ne sont pas celles du raisonnement : les voies de l’intuition, de la méditation, des découvertes spontanées (insight), …
Par ces voies parallèles, il est dès lors possible à chacun d’atteindre cette connaissance et d’y participer.

La communication facilitée est pratiquée depuis plus de 20 ans au bénéfice d’adultes et d’enfants ; elle l’a d’abord été auprès de personnes gravement handicapées de la parole, puis auprès de personnes sans handicap particulier. Elle permet à tous de pouvoir mettre au jour des besoins, ressentis et émotions souvent profondément enfouis, plus aisément et rapidement que par la parole et le raisonnement.

La particularité de la communication facilitée est qu’elle se pratique à deux : la personne facilitante (formée à cette approche) et la personne aidée, dite facilitée. Le/la facilitant/e se met en état de lâcher-prise et d’empathie ; la personne facilitée est alors prête à être à l’écoute de son moi intérieur, qui peut ainsi s’exprimer et se mettre en mots sur un clavier alphabétique. Ce qui s’écrit est reconnu par la personne facilitée comme faisant partie de son vécu – personnel, familial – actuel ou passé.

Ecoutons à ce propos le témoignage d’une personne facilitante :


  • Qui écrit en Psychophanie ? C’est une collaboration qui dit l’émotion, le sentiment profond du facilité en empruntant les mots et les tournures du facilitant.
    L’écho de cette situation (de facilitation) est donné par une personne facilitée qui déclare : « c’est formidable comme j’écris bien. C’est tout à fait ce que je ressens ».
    Car, quels que soient apparemment le niveau culturel, la qualité d’écriture, les capacités structurelles de la personne facilitée, elle se reconnait dans l’exactitude des mots, comme surprise souvent d’avoir pu aussi bien exprimer ce qu’elle ressent.
    Le seul effort de concentration consiste à bien recevoir, au plus proche de ce qu’il est, ce que ressent l’autre. On dirait « être le canal » de ce que ressent l’autre, mais surtout de permettre de concrétiser ce qui est transmis.

    Ce n’est pas un procédé magique, un instrument de pouvoir sur les autres, c’est un moyen de vivre, en relation avec l’autre, qui nous sommes véritablement.–Patrice Le Roux, psychothérapeute.


Comment le fonctionnement de la communication facilitée s’explique-t-il ?

Les premières hypothèses, élaborées par des chercheurs de divers horizons (psychiatres et psychanalystes, neurobiologistes, psychophysiologues,…) qui se sont penchés sur la question sont résumées ci-dessous :

  • En 2000, le Prof. Haffelder (Directeur de l’Institut de recherche sur la communication et le cerveau à Stuttgart, Allemagne) a effectué des tests neurologiques par IRM (imagerie cérébrale) pour observer l’activité cérébrale générée lors d’une séance de pratique de Communication Facilitée. Il en ressort que dans le cerveau de la personne facilitée, son hémisphère droit (siège des émotions) a été très fortement activé, alors que dans celui du facilitant c’est son hémisphère gauche (siège de la pensée) qui a été notablement actif. Sans avoir su au préalable ce qu’est la Communication Facilitée (CF) ou la Psychophanie, le Prof. Haffelder a spontanément parlé de « branchement » entre les deux partenaires.
  • Divers psychiatres et psychanalystes (Prof. W. Barral / Dr D. Dumas, / Dr Ph. Wallon, etc.) ont tenté d’analyser le phénomène en jeu entre les partenaires facilitant et facilité. Le Prof. W. Barral relève que le lien entre eux serait de la même nature que celui qui lie le psychanalysant et l’analysé, à l’instar de la relation transférentielle des inconscients du patient et du thérapeute, qui se mettent à communiquer. Le Dr D. Dumas, à la suite de la Dr F. Dolto, a beaucoup étudié la notion de dyade mère-enfant ; il souligne pour sa part : « La télépathie est liée à la psyché originaire. Elle est le lien entre la mère et l’enfant (…). Tous les enfants sont naturellement télépathes (…) puis cette télépathie diminue avec l’âge… ».
  • Divers scientifiques français (Prof. Olivereau, professeur de psychophysiologie / Dr Laplane, neuropsychiatre, etc.) se sont penchés sur ces approches et ont tenté d’apporter leur contribution de compréhension : leur conclusion est qu’il se passe bien quelque chose, mais d’inexplicable – mais n’en concluent pas pour autant que cette pratique est erronée. Ils reconnaissent que les modèles scientifiques actuels ne s’appliquent pas à la pratique de la CF/Psychophanie.

La conclusion de ces premières hypothèses est qu’ « aucun modèle scientifique actuel ne s’applique à la pratique de la communication facilitée » : le constat est qu’il se passe bien quelque chose, mais d’inexplicable par les théories et outils utilisés actuellement par les scientifiques.


  • Un jour, tous ceux qui se sont préoccupés de science finiront par comprendre qu’une intelligence habite la nature, une intelligence immensément supérieure à celle de l’homme.–Albert Einstein, physicien.


 

Vers de nouvelles dimensions

Au fil de l’expérience réalisée dans la pratique de la communication facilitée, d’autres dimensions sont apparues.

1ère dimension : La communication d’âme à âme entre les personnes


  • Nous communiquons d’âme à âme ; pas besoin de parole entre nous, pas besoin de discours. Les regards entre nous portent le message que nous voulons donner.  …
    Tu sais que je sens à distance et que je me connecte à ceux que j’aime, à ceux qui pensent à moi, à mes compagnons d’infortune
    Les pensées traversent les océans, les montagnes, les déserts, pour arriver comme l’éclair à leur destinataire.–Exprimé en facilitation par Françoise, en situation de handicap mental.


 

2e dimension : Relations intergénérationnelles passées ou présentes


  • « Je ne suis sûr de rien, même pas de mon nom. » Après un moment, l’intéressé se rappelle que son grand-père hésitait sur ses propres origines, portait peut-être le nom de sa mère… qu’il y avait là bien une histoire de famille à éclaircir.–Témoignage de Georges, à propos d’un conflit familial.




  • Lesté je fus dès le berceau, chaîne de vies porte maillon manquant… Mère lestée par angoisse de sa mère, chaîne des vies touchées avant naissance de mère. Je comprends l’impact sur ma vie… Mère avait posé sur moi un sentiment de culpabilité venant de sa mère…
    Confiance se met en place, guérison atteint chacune de mes cellules.
    Voir les richesses du chemin des ancêtres. Ma grand-mère m’a légué son amour authentique…–Exprimé en facilitation par Xavier, face à des difficultés personnelles.


 

 3e dimension : Liens avec d’autres personnes, vivantes ou décédées


  • J’ai demandé quelques séances en communication facilitée pour aborder des questions liées à mon travail et à mes aspirations personnelles, que je ne parvenais pas à régler par mon raisonnement. Quelle ne fut pas ma surprise de lire parmi les textes écrits en facilitation que ma mère, qui, en fin de vie, est alitée, dort beaucoup et a de la peine à communiquer verbalement, s’exprime de façon concrète : « je veux de la musique douce pour mon dernier voyage ici-bas » … « et que je sois bien habillée, que l’on mette mon ensemble vert que j’aime pour ma dernière apparition ici-bas ».
    La personne qui me facilitait ne pouvait en aucun cas être au courant de tout cela et j’avais tapé avec elle en fermant les yeux ! Lors de ces séances, j’ai pu avoir, à distance, des échanges avec ma mère et nous avons tenu compte de ses désirs lors de la cérémonie d’adieu. Alors que je me vis comme peu ébranlé affectivement, je peux dire que j’ai vécu des moments forts.–Témoignage d’André, 58 ans.




  • Trahison des fils tue la mère. Fils de moi partis, colère immonde. Devoir de tuer tue l’homme. Aidez-moi, je cherche désespérément la paix. Terreur de vivre confinée dans espace clos.
    Ta lumière petite-fille, ta lumière me tire de l’errance. Dure réalité du monde des morts vivants… Savoir que le cœur déchiré d’une mère garde une part de ses enfants dans son cœur et les empêche de rejoindre leur patrie de lumière…–Ecrit en facilitation par Dominique, qui a reconnu là le vécu de son arrière-grand-mère pendant la guerre de 1914-18.


 

4e dimension : Liens avec l’au-delà


  • Moi, j’ai accès à des choses de l’au-delà. Je suis en connexion avec le monde des âmes qui m’instruisent des Vérités. C’est ainsi que je connais le devenir de ceux qui sont partis et que j’aime. Là-haut, c’est un monde de bonheur et de joie, où l’amour est présent, où nous sommes tous pareils. Plus d’éclopés de la vie, tout le monde galope dans la joie et l’amour.–Exprimé en facilitation par Françoise, en situation d’autisme.




  • Nous sommes, au-delà du corps physique en souffrance, un esprit en marche vers son devenir. Au-delà de l’esprit, c’est à travers le savoir universel que nous évoluons. En douter, c’est remettre le propre même de l’homme en cause.–Exprimé en facilitation par Jean-Noël, en situation de handicap mental.




  • La mutité m’a permis d’atteindre un niveau de vie élevé, mais j’ai mis des années à y parvenir…
    Les personnes handicapées sont certaines d’exister avec un but spirituel, mais c’est leur jardin secret, difficile à partager même avec des proches.–Exprimé en facilitation par Didier, en situation d’autisme.




  • Tapis volant je suis. Je voyage souvent…
    Moi, je suis un être de lumière et de feu. J’aperçois des lueurs de joie quand je pars en voyage.
    Parfois mon feu s’éteint et je vis la vie comme un gouffre qui engloutit mon être.–Exprimé en facilitation par Carine, en situation de polyhandicap.


 

Conclusion

L’émergence récurrente de ces diverses dimensions dans les écrits qui s’expriment en facilitation a amené l’Association CF-Romandie à changer son regard sur la communication facilitée et son fonctionnement, et à formuler les postulats mis en évidence en tête de ce chapitre (« L’intégrité de chaque être humain » et « L’existence d’un savoir universel »).

A ce jour, le constat est que la pratique de la communication facilitée mène CF-Romandie à un chemin d’ouverture vers une spiritualité laïque. L’Association CF-Romandie n’est pour autant rattachée à aucun mouvement religieux et encore moins sectaire.

Nous partageons ici nos convictions tout en sachant qu’il appartient à chacun de se faire sa propre opinion sur ces sujets.

En conclusion, rappelons quelques propos tenus par C.G. Jung, médecin-psychiatre du début du siècle passé – et qui défendait l’hypothèse de l’existence d’un inconscient collectif – : « (…) La rationalisation et le doctrinarisme sont des maladies de notre temps : ils ont la prétention d’avoir réponse à tout (…). Nos notions d’espace et de temps ne sont qu’approximativement valables ; elles laissent ouvert un vaste champ de variations relatives ou absolues (…). Il nous faut clairement consentir à ce qu’il n’y ait aucune possibilité d’obtenir une certitude sur les choses qui dépassent notre entendement. »

 

Un grand nombre d’auteurs de divers horizons ont développé des théories ou des modèles de compréhension que nous pouvons mettre en lien avec ces postulats. Quelques livres nous ont marqués, c’est pourquoi nous les présentons  sur la page Lectures exploratoires.

Nous proposons également des liens vers divers organismes qui étudient ces sujets.