La communication facilitée (appelée couramment CF) est un moyen alternatif de communication proposé notamment à des adultes et à des enfants ayant des difficultés dans la communication verbale.
Comprendre la CF et ses enjeux :
Deux tendances découlent de la découverte de la CF et se distinguent par différents aspects :
En Australie (approche que l’on trouve aussi en Allemagne, aux États-Unis, en Italie, en Suisse alémanique), la coordination oculomotrice du facilité est nécessaire, c’est-à-dire que le facilité doit regarder le clavier. Il s’agit essentiellement d’un support, d’une aide à l’expression consciente et volontaire.
Il arrive aussi qu’après un certain temps de pratique et une diminution du soutien physique, certaines personnes handicapées parviennent à une frappe autonome.
Selon cette approche, les enfants et les adultes handicapés qui s’expriment en CF peuvent le faire dans la mesure où ils ont été exposés au langage écrit et ont pu d’une certaine façon intégrer ses composantes. Il y a généralement, chez les tenants de cette approche, le présupposé de l’existence d’un apprentissage préalable du langage.
Le soutien physique et émotionnel que procure la CF est conçu avant tout comme une technique qui permet à des handicapés d’agir sur leurs déficiences motrices et leurs troubles neurologiques, et ceci grâce au soutien physique et émotionnel du facilitant. La CF permet à un individu d’exprimer ses capacités cognitives et de communiquer des pensées conscientes, en désignant du doigt des objets, des images ou des mots écrits.
Dans ce cadre et selon cette orientation, on comprend pourquoi la CF n’est pas proposée aux non-voyants ou aux personnes dont le geste volontaire est insuffisant pour être perçu.
À son retour d’Australie, Anne-Marguerite Vexiau a commencé à pratiquer la CF avec des patients autistes. Elle a ensuite ouvert ses consultations à des patients souffrant d’autres handicaps, telles que des personnes atteintes d’infirmité motrice cérébrale, des polyhandicapés, des sourds, des non-voyants, des personnes souffrant de maladie d’Alzheimer, des traumatisés crâniens, des personnes dans le coma. Dans une troisième période, elle a pris en séance des personnes valides.
Anne-Marguerite Vexiau a fait l'expérience que la main continue à écrire des choses cohérentes, sans qu’il y ait coordination oculomotrice, c’est-à-dire sans que le regard n’accompagne ce que fait la main. Ce qui s’écrit alors reste sensé, mais est souvent de nature différente que lorsque le regard et la main sont coordonnés.
On est alors dans des contenus moins concrets. Il s’agit de vécu d’âme, d’émotions, de désirs, … On voit que cela provient de l’inconscient de la personne.
Dans la pratique suivant cette orientation, la plupart des séances de communication facilitée oscillent entre expression consciente et inconsciente.
Les expériences d'Anne-Marguerite Vexiau et des facilitants issus de l'école française montrent qu’aucun apprentissage préalable de la lecture ou de l’écriture n’est nécessaire pour s’exprimer en CF.
L'école française, qui s'est également répandue en Suisse romande, encourage aussi l'autonomie de la personne en situation de handicap lorsque cela s'avère possible. Mais elle se distingue en donnant accès à la communication facilitée également aux personnes n'ayant pas l'autonomie suffisante pour percevoir et agir.
Cette aide à la communication a ouvert la voie à l’approche thérapeutique appelée "Psychophanie" ("phan" en grec signifie "mettre à jour"). Elle s’adresse aux personnes handicapées mais également aux personnes valides désireuses de révéler quelques aspects de leur inconscient pour résoudre des problématiques personnelles, avec toutes les exigences en compétences et en éthique requises de la part du facilitant.
L'observation a montré que l’expression de cet inconscient permettait dans bien des cas la résolution de certains problèmes après quelques séances : l’énurésie ou certaines maladies psychosomatiques, telle que l’eczéma, par exemple.
La communication d’inconscient à inconscient est un dialogue qui apporte aussi des éclairages sur le transgénérationnel, sur la transmission des traumatismes au sein des lignées.
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