La communication facilitée (appelée couramment CF) est un moyen alternatif de communication proposé notamment à des adultes et à des enfants ayant des difficultés dans la communication verbale.
Comprendre la CF et ses enjeux :
Quels sont les mécanismes en jeu ? Quelles hypothèses peut-on poser pour tenter d'expliquer ce qui se passe ?
Analysons dans un premier temps ce qui se passe en CF selon l'orientation australienne (voir Orientations) où la coordination oeil - main est exigée. Le soutien de main apporte une aide physique et psychologique. Physique dans le sens du frein de l'impulsivité par exemple et donc d'une plus grande précision du geste. Psychologique si on pense au calme et à la sécurité induite par la présence proche du facilitant. Lorsque la personne devient plus autonome, il suffit de soutenir sous le coude, voire sur l'épaule, pour que l'activité d'écriture puisse continuer.
Cela permet-il de tout expliquer ? Comment et pourquoi la CF permet-elle à quelqu’un qui n’a vraisemblablement pas appris à lire ni à écrire, de s’exprimer avec des mots ? On relève en effet que de jeunes enfants, qui n'ont pas eu le bain de langage écrit suffisant pour apprendre à lire, sont pourtant capables de répondre à des questions dès la première séance en pointant des lettres ou des mots sur un tableau. Est-ce alors forcément le facilitant qui induit la réponse ? On pourrait se satisfaire de cette explication si les messages transmis au facilitant lui étaient toujours connus par avance, ce qui n'est pas le cas (voir le prochain chapitre sur la validité de cette pratique).
Des tests neurologiques (Pr Affelder, physicien allemand) ont été effectués en enregistrant l’activité cérébrale du facilité et du facilitant lors de séances de CF.
Il semblerait qu’il y ait une sorte de complémentarité, soit une communication psychique d’inconscient à inconscient entre les deux partenaires, comme si le facilité se branchait sur les compétences du facilitant pour s’exprimer, comme si l’inconscient du facilité allait puiser dans celui du facilitant, pour lui emprunter son vocabulaire afin d’exprimer ce qu’il ne peut faire seul. Des écrits de personnes handicapées qui n'ont pas l'usage de la parole semblent vérifier cette hypothèse. En voici un exemple : "Je pioche mes mots dans ta tête". Pratiquement tous les auteurs ayant écrit sur la CF relèvent ce genre de message (Voir Bibliographie).
Que dire des mécanismes en jeu lorsque, selon l'orientation française, le facilité parvient à transmettre des messages personnels sans regarder le clavier (personnes polyhandicapées, aveugles, ...) ?
Le mécanisme qui sous-tend cette pratique n’est pas clairement expliqué, mais il y aurait une sorte de connexion cérébrale entre les deux partenaires qui permet à la CF d’avoir lieu. Voici quelques hypothèses :
On comprend aisément, surtout dans notre culture occidentale, pourquoi tant de personnes mettent en doute la CF, quitte à passer sous silence les faits et les observations pourtant objectivables. Notre rationalité est mise à forte épreuve.
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