Charte du facilitant en CF/Psychophanie

Pour garantir le respect des conditions inhérentes à une pratique de la CF/Psychophanie respectueuse, caractérisée par un climat de partenariat, confiance et discrétion – et donc éviter les dérives, voire l’exploitation abusive des propos exprimés en écrits par les personnes facilitées en entretien de facilitation, le facilitant s’engage à respecter un certain nombre de règles éthiques, énumérées ci-dessous.

  • Formation

    Formation

    Le facilitant ne peut prendre en charge la responsabilité d’un patient que s’il a suivi le cursus de formation agréé par CFTMPP’ jusqu’au niveau du CF3, et qu’il est suivi en supervision et participe aux rencontres d’intervisions et d’ateliers pratiques. Il recevra le titre de praticien en Communication Facilitée et/ou en Psychophanie lorsque sa formation aura été validée par le jury mis en place par CFTMPP’. Celui-ci peut être amené à limiter le champ d’activité du praticien qui s’engage alors à le respecter.

    Les parents qui souhaitent apprendre à communiquer avec leur enfant privé de parole, ainsi que les professionnels qui accompagnent au quotidien les personnes en situation de handicap, doivent suivre le CF1 et le CF2 du cursus de formation, ainsi qu’acquérir une expérience pratique. Ils s’engagent à ne pas pratiquer la Psychophanie avec d’autres sans avoir suivi le cursus professionnel complet mis au point et reconnu par CFTMPP’, avec toutes les exigences que cela implique.

    Les formateurs font partie du groupe pilote de recherche et s’engagent à en respecter les décisions.

  • Rigueur, honnêteté

    Rigueur, honnêteté

    Le facilitant ne pratique la communication facilitée et la psychophanie qu’à la demande du patient, de sa famille ou de l’équipe soignante. L’exercice de la psychophanie se fait dans l’intention d’apporter un mieux-être au patient et non dans un esprit de curiosité

    Pour éviter l’exploitation abusive des propos exprimés en écrits par les patients pratiquant la communication facilitée et/ou la psychophanie, le facilitant s’engage à respecter un certain nombre de règles :

    • Le facilitant ne pratique pas la frappe en dehors de la présence de la personne qu’il facilite. Il ne modifie pas ses propos. Il ne cherche en aucun cas à influencer la communication en induisant certaines réponses.
    • Il est respectueux des croyances et de l’engagement spirituel de chacun et ne se livre à aucun prosélytisme. Il n’est ni membre ni sympathisant d’un mouvement ayant des pratiques sectaires. Il n’intervient aucunement dans les prescriptions du corps médical. Il n’a pas de demandes financières exagérées.

  • Discrétion, confidentialité

    Discrétion, confidentialité

    Si le patient exprime des données personnelles, le facilitant lui demande s’il est d’accord pour qu’il en parle à d’autres. Selon le désir de la personne facilitée, le facilitant conserve ses productions écrites, les remet à ses parents ou encore à d’autres professionnels qui s’occupent de lui.

    En institution, les parents doivent être informés que leur enfant fait de la CF/Psychophanie, à partir du moment où il fait des phrases en tapant sur un clavier. Lorsque les écrits d’un patient sont évoqués au cours d’une réunion de synthèse, les membres de l’équipe sont tenus au secret professionnel.

    Les productions écrites ne doivent en aucun cas être à la disposition de tout le monde dans les dossiers. Le facilitant demeure responsable de la diffusion des écrits.

  • Interprétation

    Interprétation

    Le facilitant n’impose pas son interprétation ni ses croyances, il accepte celles de son patient. Si les propos ne sont pas clairs, il lui demande des explications, ou lui fait préciser la valeur symbolique qu’il attribue à telle ou telle métaphore.

  • Témoignages

    Témoignages

    Un texte écrit en Psychophanie n’a pas force de vérité historique ni valeur de témoignage. La Psychophanie permet d’accéder à un registre émotionnel et non informatif. Il est difficile en Psychophanie d’émettre une idée intentionnelle et le patient peut donner des informations fausses ou excessives, surtout en réponse à des questions.

    Il faut également tenir compte de la part de projection inconsciente qui peut exister de la part du facilitant et de la difficulté de faire parfois la part entre le fantasme et la réalité. Le facilitant ne doit donc pas se baser sur les productions écrites pour mettre en cause qui que ce soit.

    Si le patient porte une accusation grave contre quelqu’un ou qu’une décision importante engageant son avenir doit être prise, le facilitant doit faire intervenir d’autres facilitants expérimentés, sans toutefois les avertir de la situation pour éviter de les influencer.

  • Relation

    Relation

    La relation qui s’instaure entre le patient et son facilitant est souvent très forte, entraînant quelquefois un état de dépendance. Le facilitant ne doit se sentir ni indispensable ni irremplaçable, il doit lutter contre un attachement trop exclusif, voire possessif.

  • Soutien

    Soutien

    Le facilitant ne reste jamais avec un sentiment de malaise et en réfère à un professionnel qualifié si le patient a tapé quelque chose qui le bouleverse ou s’il ne sait pas quelle décision prendre.

    Il accepte l’arbitrage du comité d’éthique de la Communication Facilitée et de la Psychophanie en cas de litige.